Exceptionnelle comédienne, clownesque, et sincère. C’est une bête. Il faut en être une pour réussir le tour de force de faire rire avec la mort. (Libération)
Dans la peau de cet asticot, Clémence Massart campe des personnages que celui-ci connaît bien, “parce qu’il les a tous bouffés”, et parle de la mort avec humour.L’artiste nous parle des grands disparus, des anonymes aussi, et donne ainsi la parole aux asticots de Shakespeare mais aussi à ceux de Baudelaire, de Giono, de Jankélévitch, de Michaud ou encore de son fidèle complice Philippe Caubère.Avec sa voix tonitruante et gouailleuse, son accordéon et son visage à mille facettes, cette comédienne d’exception n’a de cesse de nous étonner.
Qu’elle vienne nous parler d’amour ou de la mort, comme c’est le cas avec cette création, Clémence Massart est enthousiaste.“J’ai envie de m’amuser. En vieillissant, il faut savoir parler de la mort avec humour. Pour cela, j’ai besoin du public. Il travaille avec moi. On mange la même cuisine. On joue ensemble.”Dans L’Asticot de Shakespeare, elle a eu l’idée de rassembler des textes liés à la mort et aux asticots. “Dans les tragédies de Shakespeare, le nombre incroyable de morts produit une quantité impressionnante d’asticots…”“Philippe Caubère a tout laissé tomber pendant trois mois pour être avec moi sur ce spectacle”, confie, reconnaissante, celle qui fut son épouse. “Il est bien plus que le metteur en scène du spectacle, il en est le cocréateur. Au départ, je lui ai fourni des textes que j’avais sélectionnés pendant un an et on les a travaillés ensemble. Il est très fort pour la dramaturgie, pour donner du rythme aux spectacles. J’avais envie de ressembler à ces baratineurs qui sont sur les foires. De faire de quelque chose de grave un spectacle léger, une rêverie sur la mort, mais que ce soit drôle.”
Qu’on vienne voir Clémence comme on irait voir le dernier panda vivant au jardin zoologique de Vincennes, le tableau interdit de Courbet, l’Origine du Monde, au Musée d’Orsay, un ultime concert des Rolling Stones ou de Johnny Hallyday, Arletty, Fréhel, Zouc ou Fernandel, dont on annoncerait à l’Olympia un gala exceptionnel. Elle est de cette race-là, de cette époque et de cet âge. Alors qu’elle a le nôtre. Oui, la seule vertu, le seul intérêt d’une telle mise en scène est que devant la lumière, la force et l’originalité d’un tel talent, elle disparaisse. (Philippe Caubère)
de Clémence Massart et Philippe Caubère / Mise en scène : Philippe Caubère / avec : Clémence Massart / Sur des textes de : William Shakespeare, Charles Baudelaire, Jean Giono, Vladimir Jankélévitch et Philippe Caubère / Paroles des chansons de l’Asticot en anglais : Joe Cunningham et un anonyme du XVIe siècle / Mises en musique et traduites par Clémence Massart / Chanson de Jean-Roger Caussimon / Costume de l’Asticot : Sophie Lascelles / Marionnette : Freddie Hayter / Régie générale : Andriève Chamou / Régie et lumière : Alain le Nouëne, Claude Dijan Production : Véronique Coquet, La Comédie Nouvelle / Création : Février 2010 (Théâtre Sorano, Toulouse) / Durée : 1h30 (sans entracte)